A moins d’être ultra déconnecté de tout ce qui se rapporte de près ou de loin à un écran, tu as sans doute vu les #MeToo envahir la toile.

J’ai moi même fait mon #MeToo sur mon profil Facebook.

Et je n’ai pas tout dit…

J’étais ravie de voir fleurir les #MeToo. Pas que je me réjouissais du contenu de ses posts, j’en étais plutôt dégoûtée même… Mais je me suis dit que peut-être, tout ça allait enfin aider à faire évoluer les mentalités et surtout, montrer au monde entier et à tous ceux qui pensent qu’on exagère qu’en vrai, bah non, on n’exagère pas du tout !

Et puis, je me suis demandé si ce truc n’allait pas desservir notre cause. Si vraiment c’était utile. Si vraiment les principaux concernés allaient se sentir visés et se rendre compte de leurs conneries.

La nature humaine étant ce qu’elle est, c’est légitime de se poser la question…

Oui parce que j’ai vu passé des tas de commentaires, de posts et autres joyeusetés sur ce #MeToo qui m’ont écoeuré. Des insultes envers les femmes et des renversements de situation parce que vraiment, c’est de notre faute aussi avec nos fringues de putes ! Après tout, on le cherche, on n’a qu’à pas être des femmes !

Des rageux et rageuses qui crient au scandale et qui n’ont rien compris. Qui ferment les yeux et qui ne se rendent pas compte que les comportements envers les femmes doivent changer.

On ne balance pas ces #MeToo par plaisir. Parce que chacune a vécu, ça reste quoi qu’on en dise du harcèlement, de la violence, et des vies en ont été détruite à cause de tout ça. L’utilité de ce hashtag, c’est de libérer la parole.

Il est temps que ça change et il aura fallu que des gens connus parlent pour que des milliers de voix s’élèvent. Ces mêmes voix que personne n’écoutait et même pire, que personne ne prenait au sérieux. Au nom de quoi devrions nous taire ?

La peur, la honte, le déni et surtout la culpabilité (sic?!) d’avoir subi ces actes ne devraient pas être des freins. Nous devons chacun et chacune faire valoir nos droits.

Le #MeToo n’est pas une “échelle de Richter du harcèlement sexuel”. Ce n’est pas une compétition qui place le viol en haut du podium d’insanités.Nous n’établissons pas de classement. Chaque victime ressent ses agressions différemment. On ne raconte pas nos histoires pour être “plus” victime qu’une autre. Non, nous sommes des victimes. Point.

Et nous ne balançons pas ces actes pour qu’on nous victimise encore plus ou pire qu’on nous fustige parce que c’est de notre faute (re sic?!). Ce sont des constats, simplement des faits qui ont contribué à pourrir nos vies. Nous en parlons aussi pour inciter ceux et celles qui ont subi ces violences, à eux aussi libérer leurs paroles s’ils le veulent.

Il faut arrêter de démocratiser les violences faites aux femmes. Il faut arrêter de trouver des circonstances atténuantes aux agresseurs, il faut arrêter de culpabiliser les victimes.

Je refuse que ma fille se demande si c’est bien de porter cette jupe avant de sortir seule le soir. Je refuse qu’elle s’enferme sur elle même, un casque sur les oreilles pour se protéger de l’extérieur. Je refuse qu’elle culpabilise parce qu’un connard l’a traité de pute dans la rue. Je refuse qu’elle prenne les transports en commun avec la peur au ventre. Je refuse qu’elle ait peur du viol à chaque coin de rue ou à chaque fois qu’elle croise un homme qui lui sourit.

C’est mon sentiment. Ma liberté de parole et de penser.

Il faut éduquer nos enfants dans le respect des autres, quelque soit leur sexe, leur orientation sexuelle, leur couleur de peau, leur religion, leur coutume, leur poids, leur couleur de cheveux, leur façon de vivre, leur bord politique. Il faut juste leur apprendre à respecter l’HUMAIN autant que de se respecter soi-même.

“Vous allez vous aimer les uns les autres, bordel de merde !”