Oh toi, joli ventre, qu’est-ce que j’ai pu te détester ! Mais comment le pourrais-je maintenant !

Tu as abrité 2 petits êtres et tellement de bières et de saucisson qui te rendent joli et rond.

Je t’ai détesté pour ça, je t’en ai voulu de me déformer, j’ai voulu maintes fois te couper la couenne, tailler dans ton gras pour voir mes pieds.

Je t’ai emballé dans du cellophane, je t’ai tartiné de tas de crèmes non miraculeuses. Je t’ai serré dans des corsets non amincissants et je t’ai obligé à courir pour transpirer.
Je t’ai caché derrière des tops informes et d’autres gainants, je t’ai rajouté des couches de gilets trop grands, je t’ai empêché de respirer dans des ceintures trop serrées.
J’ai tout fait pour ne pas te voir, j’ai évité tous les miroirs, toutes les vitres, mon regard ne se posait jamais sur toi.

Je croyais avoir honte de toi mais en réalité, c’est de moi dont j’avais honte… j’avais honte parce que j’avais l’impression d’être un monstre difforme comparé aux femmes de papiers glaces.

Et un jour, j’ai décidé de plus avoir honte. J’ai arrêté de me comparer à qui que ce soit. J’ai décidé de te montrer pour exorciser tous les démons du ventre plat.

Je t’ai mis sur scène devant des centaines de personnes, ce jour là j’ai eu mal. Mais en sortant de cette scène avec mon ventre tout nu, je me suis sentie bien, étrangement bien, tellement bien que j’avais envie de recommencer tout de suite.

Depuis, je te regarde, je t’admire, je t’aime.
Et ce nouvel amour en a engendré d’autres. Parce que maintenant, j’aime aussi mes hanches, mes fesses, mes seins, mes bras. Maintenant j’aime ce corps avec ses défauts, et surtout avec ses défauts. Ce sont eux qui font ma force et qui m’aide chaque jour à garder les pieds sur Terre.

Mesdames, la femme parfaite n’existe pas. C’est à nous de trouver notre propre perfection qui ne plaira qu’à nous même. Et si elle plait à nous même, alors nous sommes sur le chemin de l’épanouissement.
Arrêtez de vous comparer les unes et les autres, ne regarder que vous. Le miroir n’est pas un ennemi, c’est un allier pour apprendre à s’aimer.

Cher ventre, je suis ce que je suis grâce à toi ❤️❤️