Ce roman, je l’attendais avec impatience. Je lis les tribulations de Serena Giuliano aka Wonder Mum depuis des années.

Ces écrits sur les réseaux sociaux sont à mourir de rire, toujours justes et bienveillants. Elle fait partie de la sphère des blogs parentaux et surtout dans cette petite bulle déculpabilisante (dont j’ose dire que j’en suis aussi depuis déjà 11 ans).

Mais alors de quoi ça parle ?

Anna est une angoissée, elle a peur de tout, du chiffre 4, du bruit, de rouler sur l’autoroute, des pommes de terre germées…
Elle est enceinte de son deuxième enfant et décide d’aller voir une psy. Nous suivons les séances d’Anna avec Elisabeth, sa psy, pendant des années.
Au fil des pages, Anna va replonger dans son histoire de vie et par la même occasion, elle va raconter son Italie natale et de sa relation avec sa Nonna.

Immédiatement, je me suis attachée à Anna, cette jeune femme extrêmement drôle. Sa repartie cinglante et son cynisme à toute épreuve m’ont semblé familier, comme si Anna faisait partie de mon entourage. Elle pourrait très bien être une de mes amies, une cousine, une voisine et même moi. Anna se cache comme beaucoup derrière son humour. Elle essaye de voir la vie du bon côté malgré tout et je crois même qu’Anna est une vraie belle personne qui relativise sur son cas car beaucoup vivent bien pire.
Les interrogations qu’elle se pose raisonnent en chacune de nous. Femmes, mères, working girl, épouse, amante, nous pouvons toutes nous identifier à Anna.

Et puis, il y a l’Italie. Anna fut arrachée à son pays et à sa grand-mère avec laquelle elle a une relation particulière. Plus qu’une Nonna, c’est un pilier fondamentale pour Anna.

Dans ce roman on passe de rire aux larmes. On y trouve beaucoup de déculpabilisation. Anna entame cette quête de soi, cette envie de mieux en nous emmenant dans son sillage.
La tendresse est présente à chaque page, j’ai été touché en plein coeur par le lien fort et incassable malgré les distances et les secrets entre Anna et Nonna. Ca m’a rappelé que les liens du sang ne sont rien sans amour véritable.

Serena nous livre une histoire touchante avec des personnages maladroits, émouvants dans leur sensibilité et leur ignorance pour parler de leur sentiments.
La plume est tellement rythmée qu’une fois lancé, on ne peux refermer le livre qu’au mot “fin”. Et le bouleversement de la vie d’Anna est une ode à la vie.

Un seul élément m’a chiffonné pourtant. Anna part en qu’être d’une nouvelle vie et également au niveau professionnel. J’ai trouvé ce changement trop téléphoné et trop facile quand on connait le parcours de Serena. Peut-être (sûrement même) que j’attendais plus ou du moins autre chose sur ce plan là. Je crois que ces passages sur la vie pro de Anna m’ont semblaient trop vrais et trop collés à la Wonder Mum que nous connaissons sur internet.

Maintenant, j’attends impatiemment un deuxième roman !
Une petite parenthèse pour vous dire que c’est grâce à Serena que j’ai commencé la sage de “l’Amie Prodigieuse”, merci pour la découverte.

Ciao Bella, un vrai beau premier roman que je vous conseille allègrement. Vous allez tomber sous le charme d’Anna et n’exigerez que des pasta al dente à tous le repas !

Publié aux Editions du Cherche Midi.