(Et j’en ai marre).

Je me suis fait la réflexion suivante entre deux nettoyages de vomito de Chucky (gastro power mon amie) : Je suis le parent par défaut.

Si on a besoin du numéro de téléphone du docteur, on me demande à moi.
Pour savoir où sont rangées les affaires de gym, on me demande à moi.
Si Chucky a un problème à l’école, on m’appelle moi.
Pour emmener Chucky à un anniversaire, c’est moi qui la conduis.

C’est moi qui organise les modes de garde,  les activités, c’est moi qui remplis tous les dossiers la concernant, c’est moi qui fais le taxi, c’est moi qui rate une journée de boulot quand elle est malade, c’est moi qui vais aux réunions de rentrée…

Bref, c’est moi, la mère qui gère la fougère.

parent par défaut

Oh wait, mais elle a un père cette enfant !

Personne ne va demander au père de faire tout ça. Jamais. C’est pas qu’il n’en a pas les capacités, bien au contraire. Mais nous sommes encore dans une société patriarcale et c’est donc à la maman de s’occuper de tout.

Partout et tout le temps, la maman est le parent par défaut d’office. On ne lui demande pas son avis et si elle a le malheur de râler sur sa situation, elle est vite taxée de mauvaise mère. C’est tellement ancré en nous, dans notre société, dans notre éducation que quand une mère décède et que la tache incombe au père, tout le monde va le plaindre. Parce qu’il a perdu sa femme, mais aussi et surtout qu’il va devoir reprendre le rôle et donc se fader toutes des corvées ingrates.

Pas un seul instant, on pense que le père peut être ce parent par défaut.

Là, ça n’a rien à voir avec la répartition des tâches. Parce que même si le père aide à la vie de famille en général, il restera toujours le parent “bis”. Celui à qui on ne demande pas l’heure du dernier biberon ou encore dans quel tiroir est rangé le carnet de santé.

Non, c’est la mère qui doit tout gérer et tout savoir. Et quand parfois, elle lâche prise, tout le monde est perdu. C’est simple, toute la famille a pris le pli de tout reposer sur elle. Tout le temps. On se retrouve alors dans une spirale infernale. On n’apprend pas à nos enfants à demander à leur père. A l’école, on leur donne un papier à donner “à maman”. A la gym, on leur dit de demander “à maman” de prendre le justaucorps bleu pour la semaine prochaine. Chez la nounou, on dit “à maman” la dernière heure de sieste.

Dans le quotidien, on demande toujours “à maman”. Toujours.

Parce qu’elle pense à tout et anticipe tout. Elle sait qu’il ne reste plus beaucoup de Doliprane. Elle sait qu’elle doit faire une lessive du kimono pour le cours de jeudi. Elle sait à quelle heure est le rendez-vous chez le dentiste. D’ailleurs, elle s’est arrangée avec la maîtresse pour récupérer l’enfant pour l’y emmener. Et elle prend tous les rendez-vous en semaine, jamais le samedi quand le père ne bosse pas. Elle sait où se cache Doudou pour le dodo.

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Je suis fatiguée.

Je m’occupe de tout dès le réveil. Je ne me plains pas, mais parfois, j’en ai marre. Marre de ne pas pouvoir compter sur Bruce si j’ai besoin qu’il récupère Chucky à l’école. Marre de devoir demander à mes copines ou voisines de la reprendre si j’ai du retard ou si j’ai un rendez-vous que je ne peux pas décaler.

Dans mon cas, je ne peux pas compter sur Bruce parce qu’il n’a pas d’horaires de travail vraiment fixes. Il peut très bien rentrer à 18h comme à 20h, tout dépend de où il se trouve et du travail qu’il à faire chez son client. Et si j’ai besoin de lui parce que j’ai une répétition, ou un rendez-vous, ou que je dois partir à Lille, bah je ne peux pas.

J’en ai marre d’être le parent par défaut parce que moi aussi il y a des moments où j’ai beaucoup de boulot, où je dois m’absenter. Et dans ces moments là, j’aimerais ne pas à avoir à tout diriger et à  tout organiser pour les enfants.

J’ai besoin de vacances en fait. Sans enfants. Et sans rien à organiser.

Et je fini avec cette phrase de Mylène Farmer : “J’aime quand elle me sourit. J’aime l’infirmière maman”

Et toi ? C’est comment chez toi ?

Harmony (parent par défaut)